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Le premier plateau jurassien se présente sous forme d'une surface tabulaire légèrement inclinée. Les principales formations géologiques qui le composent sont des calcaires, avec ou sans faciès marneux, correspondant aux niveaux géologiques du Jurassique moyen et du Lias. Quelques affleurements du Jurassique supérieur sont également visibles sur la bordure orientale du plateau (Côte de Lheute). En de nombreux endroits, le 1er plateau est recouvert de formations superficielles d'origine diverse.
Ce plateau est marqué par de nombreux formes caractéristiques (dolines, grottes, galeries souterraines, gouffres...) témoignant d'une érosion karstique* intense. Le phénomène le plus spectaculaire porte sur la présence de "reculées" (bouts du monde) qui entaillent la bordure occidentale et donnent naissance à des vallées profondes et étroites. Elles se terminent en cul-de-sac et sont bordées par des parois très abruptes et des falaises. Ces reculées ont été façonnées par un recul progressif de la tête de vallée à l'intérieur du plateau, amplifié par l'action gel- dégel et par l'éboulement des conduits karstiques* sous climat périglaciaire. A la base de chaque reculée se trouve toujours une grotte ou un réseau souterrain d'où sort une exsurgence, donnant naissance à un cours d'eau qui occupe ensuite le fond de la vallée.
La reculée des Planches est doublement digitée avec, au sud, la reculée du Cul des Forges dominée par le belvédère du Fer à Cheval et, à l'est, la reculée du Cul du Bray. Des deux "sources", naît la Cuisance. Sur un espace restreint, se trouvent réunis des conditions topographiques, climatiques et pédologiques particulièrement bien différenciées et favorables à l'expression de différents groupements végétaux dont l'agencement spatial et la richesse biologique sont exceptionnels. Les deux doigts de cet ensemble montrent des caractéristiques analogues.
* La forêt alluviale (frênaie-érablaie), occupe, de façon plus ou moins linéaire, le fond de vallée où coule un ruisseau torrentueux. Ce groupement présente une évidente originalité. La strate arborée est dominée par le frêne commun et l'érable sycomore avec, en complément, l'érable plane, l'orme des montagnes, le cerisier à grappes... Plusieurs espèces complètent le cortège de la strate arbustive. Le tapis herbacé, tout à fait luxuriant, montre une grande diversité d'espèces. Cette forêt alluviale prospère sur des sols alluviaux sableux et calcaires. Dès que la pente s'atténue, des prairies occupent le fond de vallée.
* La chênaie-charmaie-hêtraie calcicole* occupe les pieds de versant. Elle est peu répandue dans la reculée proprement dite mais colonise en abondance le plateau sus-jacent. Généralement traitée en taillis sous futaie, la strate arborée est dominée par le chêne sessile, le charme, le hêtre et le frêne. La strate arbustive est très développée et diversifiée et le tapis herbacé, riche en espèces, est très recouvrant. La variété floristique de ce groupement est un de ses principaux caractères ; il colonise les sols superficiels à moyens, bruns calciques, riches en argiles et en cailloux calcaires.
* La hêtraie à dentaire colonise les versants de l'ubac (versant à l'ombre), sur pente moyenne à forte. Cette formation qui colonise des sols très caillouteux développés sur éboulis fins, est assez peu représentée. Elle se présente sous forme d'une futaie de belle venue dominée par le hêtre ; le cortège arbustif est très clairsemé de même que la strate herbacée où dominent la dentaire pennée, la mercuriale pérenne et le lierre
* Fort bien représentée dans les deux reculées, l'érablaie à scolopendre colonise les éboulis très grossiers, souvent mal stabilisés et renouvelés constamment par les falaises sus-jacentes sur versant d'ubac et pente forte. Il s'agit d'une futaie de belle venue dominée par le tilleul à grandes feuilles et l'érable sycomore. La strate herbacée est marquée par l'abondance de la fougère scolopendre et par une plante remarquable, la lunaire vivace. Quelques autres espèces attestent d'un microclimat montagnard et des conditions confinées de ce milieu.
* La hêtraie chaude à laîche blanche prospère sur les versants en exposition chaude (adret) moyennement à fortement pentus (20 à 40°). Comme son opposée, la hêtraie à dentaire, elle se développe sur des éboulis fins très bien drainés. La strate arborée est dominée par le hêtre, fréquemment accompagné du tilleul à grandes feuilles, du chêne sessile, de l'érable à feuilles d'obier... La strate arbustive est très bien développée et diversifiée et le tapis herbacé est fortement recouvrant. Il présente la particularité d'être composé d'un grand nombre de laîches et d'une orchidée, la céphalanthère à larges feuilles.
* La tiliaie-érablaie occupe les pentes bien exposées en vis à vis des érablaies froides. Elle colonise les éboulis grossiers dont les éléments sont sans cesse remaniés par les falaises qui surplombent les pentes. La strate arborée, bien fournie et de belle venue, est dominée par le tilleul à grandes feuilles, l'érable à feuilles d'obier, le frêne commun et le chêne sessile. La strate arbustive est assez développée et parmi les différentes espèces, il convient de noter la présence du fragon petit houx. Ici, le tapis herbacé est très développé.
* Bénéficiant d'une exposition parfaitement ensoleillée, la chênaie pubescente occupe, sous forme d'un liseré fin, le rebord des falaises surplombantes. Elle correspond davantage à un pré-bois qu'à une véritable forêt et montre, dans sa composition floristique, un ensemble de plantes thermo- ou xéro*-calcicoles*. Le substrat est constitué de dalles calcaires sur lesquelles se sont développées des sols superficiels et parfaitement drainés ; dans ces conditions, les arbres (chêne pubescent, chêne sessile, érable à feuilles d'obier, alisier blanc...) prennent des formes tortueuses. Les espèces thermophiles* et calcicoles* forment la strate arbustive. La strate herbacée, très recouvrante, est dominée par des espèces appartenant aux pelouses dont la seslérie blanchâtre qui impose sa physionomie au groupement.
* Sur les corniches et les escarpements rocheux qui avancent à l'intérieur des reculées (la Roche du Feu, le Cul des Forges, la Roche des Planches, la Roche au Croc), apparaissent des pelouses, formations ouvertes, à végétation rase exigeant des sols superficiels bien drainés et non fertilisés. La nature des sols, la proximité de la roche et l'exposition conditionnent une certaine variation dans la nature et la composition floristique des groupements. Ainsi, sur les sols superficiels des bordures de falaise, les vires et pentes rocheuses on rencontre des pelouses xérophiles* collinéo-montagnardes. Elles montrent des espèces remarquables telles que l'anthyllide des montagnes, l'oeillet bleuâtre, le sisymbre d'Autriche, l'hornungie des pierres (toutes protégées au niveau régional), l'oeillet sylvestre, l'anthéricum à fleurs de lis, l'amélanchier, l'athamanthe de crête... Toujours en bordure de falaise, sur sols superficiels décarbonatés*, se développe, localement, une pelouse xérophile* mésotherme*. La région d'Arbois représente le bastion méridional de l'association des pelouses xérophiles* où figure également la drave faux aïzoon... Ces pelouses ne couvrent que de très faibles surfaces en Franche-Comté et les plantes qui les caractérisent sont très rares En arrière des corniches et sur les pentes aux sols plus profonds et sèchards, se développent des pelouses mésophiles*. Le cortège floristique est plus important et diversifié et on note le développement de plantes à bulbe comme les orchidées. A la différence des premières, le maintien des pelouses mésophiles* est dépendant d'un entretien extensif.
* Les groupements saxicoles* sont une autre caractéristique de la reculée. Ainsi sur les barres rocheuses croissent quelques espèces végétales qui profitent des moindres aspérités pour s'implanter. Leur nature diffère en fonction de leur exposition : les fougères dominent sur les rochers ombragés alors que la seslérie blanchâtre constitue l'espèce la plus abondante sur l'adret. De grands pierriers couvrent également une partie des versants de l'adret ou de l'ubac. Ces milieux présentent des conditions extrêmes et leur colonisation est marquée, à ce stade, par des espèces très spécialisées et peu communes. Enfin, les différentes sources qui aliment la Cuisance sont à l'origine de formations tufeuses qui permettent le développement de communautés de mousses dont la répartition est très restreinte en France.
En plus de son intérêt floristique, cette reculée présente un haut intérêt faunistique. Plusieurs falaises constituent un site de reproduction du faucon pèlerin, rapace rare qui a failli disparaître de France. On y rencontre d'autres espèces, rares pour le Jura : martinet alpin, hirondelle des rochers, pouillot de Bonelli... On note également la présence de la grotte des Planches, irrégulièrement visitée, qui a fait l'objet d'un important aménagement touristique. Sa fréquentation très importante a considérablement réduit son intérêt pour la faune (chauves-souris en particulier).
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| Composition du site : |
| Forêts caducifoliées |
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66 % |
| Prairies semi-naturelles humides, Prairies mésophiles améliorées |
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25 % |
| Autres terres arables |
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3 % |
| Autres terres (incluant les Zones urbanisées et industrielles, Routes, Décharges, Mines) |
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2 % |
| Pelouses sèches, Steppes |
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2 % |
| Eaux douces intérieures (Eaux stagnantes, Eaux courantes) |
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1 % |
| Rochers intérieurs, Eboulis rocheux, Dunes intérieures, Neige ou glace permanente |
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1 % |
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